Internationalisation web : adapter votre site à un marché mondial
Adapter un site à un marché mondial ne consiste pas à le traduire. La traduction est la partie visible d'un travail plus large qui touche l'architecture technique, les formats de données, les moyens de paiement et les attentes culturelles de chaque marché visé.
Séparer i18n et l10n
L'internationalisation technique d'un site web, souvent abrégée i18n, est le travail technique qui rend une application capable de fonctionner dans plusieurs langues : externalisation des textes, gestion des formats de date et de nombre, prise en charge des jeux de caractères, sens de lecture. Elle se fait une fois.
La localisation, ou l10n, est le travail effectué pour chaque marché : traduction, adaptation des exemples, choix des devises, conformité aux usages locaux. Elle se répète à chaque langue ajoutée. Confondre les deux mène à des architectures où ajouter une langue demande de retoucher le code.
Structurer les URLs
Trois approches coexistent : sous-domaines, répertoires de langue, ou domaines nationaux. Le répertoire, du type /fr/ et /en/, est le plus simple à administrer et concentre l'autorité du domaine sur une seule racine. C'est le choix par défaut raisonnable pour la plupart des projets.
Quelle que soit l'approche, chaque page doit déclarer ses équivalents avec des balises hreflang réciproques, et proposer un lien crawlable vers ses autres versions, comme le prévoit notre conception de sites multilingues. Un sélecteur de langue qui passe par une route technique interdite au crawl rend l'ensemble des traductions invisibles aux moteurs.
Adapter au-delà des mots
Les formats de date, les unités, les séparateurs décimaux et les formats d'adresse diffèrent d'un pays à l'autre. Un formulaire qui impose un code postal à cinq chiffres exclut mécaniquement plusieurs marchés.
Les moyens de paiement pèsent tout autant. La carte bancaire domine en France, mais le virement, le prélèvement ou les portefeuilles locaux sont majoritaires ailleurs. Ignorer cette réalité fait chuter la conversion sans qu'aucun indicateur technique ne signale de problème.
Prévoir la maintenance
Chaque langue ajoutée multiplie le travail de mise à jour. Un contenu modifié dans une langue et pas dans les autres crée des incohérences qui se remarquent vite. Prévoir dès le départ un processus de synchronisation, et accepter de traduire moins de pages mais de les tenir à jour, vaut mieux qu'un site multilingue à moitié périmé.